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Montréal, 26 février 2017


Ce message à Marie-Nicole lui a été adressé verbalement par Michel en présence de son urne funéraire.

Marie-Nicole Cossette.

Marie-Nicole, ma tendre épouse,
la meilleure moitié de moi-même.
Marie-Nicole, mon ange.

( Je crois aux anges. La preuve, un ange a vécu chez moi pendant 24 ans. )

Marie-Nicole,
aujourd’hui, c’est un avant-dernier adieu.
Car tu as demandé d’être enterrée
au cimetière de ton village natal, St-Roch-de-Mékinac,
au côté de ton premier mari, mon très cher ami Roger Vincent.
Tu as demandé
que le blason de St-Roch-de-Mékinac, ta patrie,
orne ton urne funéraire.
Tu as été tellement pleine de joie,
quand Anik t'a montré l’urne avec le blason.
Marie-Nicole,
quand tu as demandé d’aller aux soins palliatifs
de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont,
j’ai été très étonné.
Même si je savais que la fin était inéluctable
dans un avenir rapproché,
je pensais
que tu en avais encore pour plusieurs semaines.
Mais toi, tu savais.
Tu te savais au bout de la vie.
Tu n’es restée que quelques jours aux soins palliatifs.
Dimanche dernier, dans ta chambre,
tu as demandé à voir la messe à la télévision.
Mais tu as eu beaucoup de difficulté à la suivre.
Je te croyais simplement fatiguée,
mais toi tu savais,
tu savais que ton parcours ici bas touchait à sa fin.
Au début de l’après-midi,
une dame est venue te donner la communion.
Tu as dit : « Merci beaucoup ».
Ce fut tes dernières paroles.
Ensuite, tu t’es endormie dans la paix
jusqu’à 4h35 du matin,
heure à laquelle tu nous as quittés.
Marie-Nicole,
il est d’usage, en pareilles circonstances
de prononcer des hommages posthumes.
Permets-moi, Marie-Nicole,
de déroger à cette pratique.
Les hommages que je vais lire maintenant ont tous
été émis de ton vivant.
Il m’a suffi de puiser dans les archives familiales depuis 15 ans.

— Tu as une force extraordinaire, capable de déplacer des montagnes.
— Marie-Nicole est une professeure que les étudiantes ne peuvent pas oublier.
— Une femme qui fait la différence.
— Elle est un exemple pour nous tous, affirme le directeur du département.
— C’est une femme forte avec une superbe perspective sur la vie.
— Tu étais pour moi d’une grande rigueur, un être authentique.
— Tu as été un modèle inestimable au-delà de tout ce que tu peux penser.
— Ton influence a été dominante dans ma vie.
— Tu m’as appris à être aussi un professeur.
— Tu m’as toujours encouragée à réussir.
— Tu dégages beaucoup de lumière.
— Je suis très heureux de t’avoir dans ma vie.
— C’est grâce à elle que j’ai été accepté à la maîtrise en développement international au Danemark.
— Tu es toujours attentive, douce, maternelle, épatante, diplomate, ouverte aux idées nouvelles, compréhensive, une femme admirable.
— Tu es une lumière, un phare qui nous permet d’y voir plus clair.
— Tu es une grande communicatrice.
— Tu seras mon modèle quand mon état me rendra triste et inquiète.
— Tu as la force et le courage, l’amitié de tes collègues.
— Vous avez su m’offrir votre main lorsque j’en avais besoin.
— Merci d’avoir cru en moi. Je te dois d’être passée par le MBA qui m’a permis de faire un stage à DEC où je pourrais faire une carrière de 24 ans.
— Mes plus beaux souvenirs de l’université ont été en ta compagnie.

Marie-Nicole, ces témoignages montrent
que tu as eu une belle vie,
que tu as respiré la joie,
que tu as communiqué cette joie autour de toi.
Rien d’étonnant alors
ta demande
que l’Hymne à la joie soit jouée à tes funérailles.
J’y ai ajouté une vidéo
où l’on voit des enfants
trépigner de joie aux sons de la musique.
Tu aimais tellement les enfants.














 

Montréal, 13 février 2019


Pamela me demandait un témoignage sur mon expérience de proche-aidant. Voici ma réponse, en guise de message à ma femme chérie :

À Marie-Nicole Cossette

Marie-Nicole, ma tendre épouse, tu parcourais allègrement des kilomètres comme si tu fendais l’air, tel un oiseau dans l’azur. Je te suivais avec peine. Mais l’AVC t’a clouée au sol, t’empêchant désormais de marcher. Et je devais pousser ton fauteuil roulant. Marie-Nicole, tu enseignais la communication à l’université d’Ottawa. Mais l’AVC t'a coupé la parole. Et je devais parler à ta place.

Toi, tu gardais le sourire, tu embellissais le cœur de toutes les personnes qui te rencontraient.

Tes élèves d’antan t’envoyaient de multiples messages :

— Merci d’avoir cru en moi.
— Tu es une personne très importante dans ma vie.
— Je suis choyée d’avoir croisé ton chemin.
— Tu es un modèle pour moi.
— Sans toi, ma carrière professionnelle ne serait pas ce qu’elle est.
— Quelle grande sagesse vous m’apportez dans ma vie.
— Vous m’avez offert votre main lorsque j’en avais besoin.
— Tu as été ma meilleure conseillère en communication.
— Tu seras ma source d’inspiration quand je serai triste et inquiète.
— Mes plus beaux souvenirs de l’université ont été en ta compagnie.

J’en passe et des meilleurs.

On pourrait croire, qu'en tombant de si haut, tu ne te relèverais pas. Au bout de six mois d’hôpital, tu pouvais à peine faire quelques pas, à peine crayonner des gribouillis. Ton vocabulaire se réduisait à moins de cinq mots. Un an après ton AVC, les progrès étaient minimes. Des intervenants de bonne volonté et même ton médecin, du haut de leurs expertises, proclamaient : « Tout ce que l’on n’a pas réussi à refaire après un an, on ne le rattrapera jamais. »

Jamais ?

Mais toi, tu as démenti ces paroles. Année après année, avec l’aide de différentes thérapeutes et de programmes que je fabriquais sur ton ordinateur, tu as évolué. Lentement mais sûrement. Tu t’es jointe à une chorale. Tu as suivi des cours de peinture et tes œuvres ornent encore ma demeure. Tu as réussi, le jour de mon anniversaire, d’écrire en lettres carrées : « Cher Michel, je t’aime. Marie-Nicole. » Quels efforts cela t’a demandés! Et sur la page d’à côté, tu as recopié l’hymne à l'amour d’Édith Piaf. Non, il n’est jamais trop tard pour surmonter un AVC même très sévère comme le tien. Jamais, il ne sera trop tard. Que cela soit dit, proclamé comme parole d’espérance que tu lègues aux personnes victimes comme toi de ce mal.

Il restait encore un problème, la communication entre toi et moi. Tu ne parlais pas bien et moi avec mes vieilles oreilles je n’entendais pas bien !

Alors surgit une dernière thérapeute, Pamela. Elle interagissait avec nous par une approche novatrice basée sur la conversation. Approche miraculeuse qui nous a fait tellement progresser tous les deux. Que cette nouvelle approche puisse se propager, grâce à toi, Marie-Nicole, à ta persévérance, à ta bonne humeur.

Hélas, 15 ans après ton AVC, un cancer a interrompu cette longue lutte. Mais au-delà de la mort, que ton exemple apporte du soutien aux patientes et aux patients ainsi qu’aux thérapeutes qui se dévouent sans relâche.

Michel








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