LE MAGAZINE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES NOUVELLES

É D I T O R I A L
Le magazine des sciences et des techniques nouvelles est à l’affût des techniques destinées à révolutionner la vie du monde en ce XXIe siècle. Ci-contre, un avant- goût vous est présenté au sujet psychogiciels. Cet article, signé par notre journaliste scientifique April Poisson est un résumé de celui qui a paru le 1er avril 2014 dans la dans la prestigieuse revue American Research on Robotics Applied to the Psychology.

Une expérimentation en ligne que vous pourrez pratiquer s'avérera tout simplement hallucinante.

Jean Kan-Hulard
PSYCHOGICIELS DE PLUS EN PLUS PERFORMANTS


PSYCHOGICIELS DE PLUS EN PLUS PERFORMANTS

On n’arrête pas le progrès comme le montre notre Éditorial ci-contre.

Les psychogiciels ont actuellement le vent dans les voiles. Certains scientifiques doutent fort de leur utilité réelle dans la vie pratique et considèrent les chercheurs dans ce domaine de doux rêveurs, si pas de charlatans. En revanche, les partisans des psychogiciels les considèrent comme des logiciels au carrefour de l’informatique, de la psychologie, des sciences cognitives et bientôt de la robotique appliquée. Ils devraient révolutionner la conception d’algorithmes sophistiqués au service des sciences du comportement.

Par exemple, depuis quelques mois ce concept a été testé à une intersection de la ville de Christiansbourg en Virginie pour détecter automatiquement par un algorithme mathématique les conducteurs de voiture se préparant à « brûler » un feu rouge, et cela dans 85% des cas, et ce, une à deux secondes avant que l’infraction ne soit commise. Les esprits chagrins se demandent à quoi sert de détecter un accident probable si peu de temps avant l’impact, qu’il ne soit pas possible d’en tenir compte pour éviter l’accident. Toutefois, les concepteurs ont bon espoir d’améliorer le temps de réponse de manière à diminuer les accidents en zones urbaines de manière significative, ce que mettent sérieusement en doute leurs détracteurs.

Mais il y a encore plus ambitieux encore de la part d’une nouvelle jeune pousse de Montréal appelée PSYCHOGITECH composée d’informaticiens, de psychologues et de biotechniciens internationaux de haut niveau des universités de Montréal, McGill, de l’université de Troyes en France et de l’Institut de Technologie du Massachusetts. Ces chercheurs, dont deux prix Nobel prestigieux, ont réalisé une percée décisive en la matière. Leur psychogiciel a comme tâche de deviner les pensées des gens grâce à un algorithme très sophistiqué de millions de lignes de programmation. Cela n’a pu se faire que par une large subvention de l’administration américaine via le Pentagone, le FBI et la CIA, rien de moins! Et c’est là que le bât blesse : l’Association des Libertés Civiles aux États-Unis et la CNIL en France y voient une atteinte à la liberté digne du roman 1984 dans lequel Orwell crée le concept de Big Brother, depuis passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance.

La société PSYCHOGITECH dément formellement qu’elle travaille pour une telle dérive. Elle prétend qu’avec l’avenir des robots domestiques de plus en plus intelligents, il deviendra de plus en plus nécessaire de doter ces robots d’algorithmes capables de deviner les pensées, les sentiments et les désirs des êtres humains avec lesquels ils ont affaire. Autrement dit de façonner des robots capables d’empathie dans le sens que lui donnait le célèbre psychologue humaniste Carl Rogers.

Évidemment, on n’en est pas encore là. Toutefois, PSYCHOGITECH a déjà développé un embryon de psychogiciel en ligne à titre d’expérience. Lors d’un jeu de cartes classique, il s’agit, pour le psychogiciel, de deviner une carte choisie parmi six cartes à jouer, d’après diverses variables aussi anodines que les initiales du prénom et du nom de famille, l’âge, le sexe, la couleur préférée du joueur ainsi que sa vitesse de réaction face au psychogiciel. À cela, il faut ajouter la variable hasard et tenir compte du fait que l’utilisateur a la liberté de recommencer le test autant de fois qu’il le voudra.

On comprendra que cela ne marche pas à tous les coups. Toutefois, jusqu’à présent, le taux de réussite se situe à 75 %, ce qui constitue un taux très significatif et extrêmement prometteur pour de meilleurs résultats à l’avenir.

Si vous désirez participer à l’expérience, vous devrez répondre à un questionnaire préalable. Vous verrez, d’ailleurs, que ce questionnaire ne peut en aucun cas vous identifier, mais uniquement identifier la carte que vous aurez choisie dans un paquet de 6 cartes. Et vous pourrez recommencer autant de fois qu’il vous plaira.

Si le psychogiciel réussit à deviner votre carte entre 7 à 8 fois sur 10, cela signifie que vous êtes particulièrement doué pour établir avec un robot une relation d’empathie réciproque. Si le psychogiciel réussit à deviner votre carte 10 fois sur 10, alors félicitations, vous êtes une personne ouverte autant avec les gens qu’avec les futurs robots dotés de cette technologie. Vos interactions avec les robots de l’avenir seront de bon augure. En dessous de 6 fois sur 10, soit vous êtes une personne secrète et fermée, soit le psychogiciel n’est pas encore tout à fait au point. Dans ce dernier cas, vous êtes invité à communiquer avec la société PSYCHOGITECH pour faire avancer la science car, d’après vos données, nous pourrions améliorer l’algorithme du psychogiciel et le faire mieux déboucher sur des applications dans la vie de tous les jours.

Pour participer à l’expérience, vous remplissez un formulaire préalable. Ensuite, une petite animation vous montrant ce que fait le psychogiciel (mélanger les cartes et en retirer la carte que vous aurez choisie) vous fera patienter pendant que le psychologiciel sur nos serveurs fera les calculs nécessaires. En effet, le calcul prend environ 30 secondes, bien que le psychogiciel travaille sur des serveurs reliés à plusieurs réseaux indépendants constitués de fibre optique dans un centre de données à accès contrôlé. C’est dire que l’algorithme de ce psychologiciel est particulièrement sophistiqué.

April Poisson
Journaliste

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